Qu’est-ce que le jass ?
Le jass est une famille de jeux de plis suisse, jouée à quatre avec 36 cartes, des contrats annoncés et un vocabulaire propre aux tables romandes.
Comment définir le jass suisse ?
Le jass est une famille suisse de jeux de plis qui se joue à quatre personnes, en deux équipes fixes. Les partenaires sont assis l’un en face de l’autre, et chaque joueur reçoit neuf cartes d’un paquet de 36 cartes. Le tour se termine après neuf plis, puis les équipes comptent les points obtenus.
Le mot « jass » désigne donc une base commune plutôt qu’une seule règle uniforme. Le Schieber, le Coiffeur, le Differenzler et le Handjass appartiennent à cette famille. Les variantes ne donnent pas toutes la même place à l’annonce, au contrat, au calcul ou à la composition des équipes. Avant de distribuer, les joueurs s’accordent sur la forme pratiquée.
Le Schieber occupe une place centrale dans de nombreuses parties par équipes. La forehand choisit le contrat ou transmet ce choix à son partenaire par schieben. Le Coiffeur suit une organisation distincte, tandis que le Differenzler met l’accent sur l’écart entre l’annonce et le résultat. Le Handjass peut également suivre des conventions différentes selon la région et la table. La page des variantes du jass permet de comparer ces pratiques sans imposer une seule règle.
À la table romande, vous entendrez chibrer, annoncer et jouer l’atout. Les mots buur, nell et stöck restent en suisse allemand, comme dans les régions où ces termes se sont formés. Obenabe et undenufe désignent aussi des contrats employés dans la pratique du jass.
Le jass se transmet souvent par l’observation. Un débutant apprend la distribution, le sens du jeu, l’ordre des cartes et les annonces en regardant une partie complète. Un exemple simple résume la structure : quatre joueurs reçoivent neuf cartes, la forehand annonce le contrat, puis les joueurs disputent neuf plis avant de compter le tour.
Le jass n’a donc pas une table unique valable partout. Les règles communes donnent une base, mais le contrat, les annonces et le score peuvent suivre une pratique régionale. Cette distinction évite de présenter une variante comme la seule manière correcte de chibrer.
Comment se déroule un tour de jass ?
Un tour de jass commence avec quatre joueurs, deux équipes fixes et un donneur. Le donneur distribue les cartes trois par trois jusqu’à ce que chaque joueur possède neuf cartes. Le jeu avance dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, et le donneur change à chaque tour.
La forehand est le joueur placé à droite du donneur. Cette position donne deux responsabilités précises : choisir le contrat et mener le premier pli. Le contrat peut être un atout, l’obenabe ou l’undenufe, selon la variante et la convention de la table. Le contrat fixe la manière dont les cartes dominent pendant le tour.
La forehand peut transmettre le choix à son partenaire par schieben. Cette transmission n’est possible qu’une fois. Le partenaire doit alors choisir le contrat et ne peut pas renvoyer la décision à la forehand. L’échange est donc limité : la forehand garde le choix ou le pousse, puis le partenaire décide.
Après l’annonce, la forehand joue la première carte. Chaque joueur ajoute une carte au pli selon les obligations du contrat et de la variante. La carte dominante remporte le pli. Le joueur qui gagne ouvre le pli suivant, jusqu’au neuvième pli.
Un exemple permet de suivre l’ordre sans confondre les rôles. Le joueur à droite du donneur devient forehand, regarde ses neuf cartes et choisit un atout. Il peut aussi schieben vers son partenaire. Une fois le contrat fixé, la forehand mène, les trois autres joueurs jouent, puis le gagnant du premier pli mène le suivant.
La rotation du donneur fait passer ces responsabilités autour de la table. Un joueur devient ainsi donneur, forehand, partenaire de la forehand et troisième ou quatrième joueur au fil des tours. La position influence donc l’annonce et la première carte, sans modifier les équipes fixes.
La distribution, l’annonce, les neuf plis et le calcul forment la séquence de base. Les règles de valeur des cartes précisent ensuite quelle carte remporte chaque pli dans l’atout, l’obenabe ou l’undenufe.
Quelles variantes du jass faut-il connaître ?
Les variantes principales du jass sont le Schieber, le Coiffeur, le Differenzler et le Handjass. Elles reposent sur une pratique des cartes et des plis, mais elles ne règlent pas toutes de la même manière le contrat, l’annonce, le score ou la composition de la partie. Le nom de la variante doit donc être confirmé avant la distribution.
Le Schieber se joue avec quatre personnes en deux équipes fixes. La forehand choisit le contrat ou le pousse à son partenaire. Le partenaire doit prendre la décision et ne peut pas la renvoyer. Cette possibilité unique de schieben donne son caractère à la forme : la force d’une main se mesure aussi à la décision de garder le choix ou de le transmettre. La page du Schieber détaille cette mécanique.
Le Coiffeur suit une organisation distincte des annonces et du score. Son nom ne suffit pas à fixer chaque convention, car les tables peuvent appliquer des règles régionales. La page consacrée au Coiffeur présente cette forme séparément et évite de mélanger ses usages avec ceux du Schieber.
Le Differenzler met l’accent sur l’écart entre ce qui est annoncé et ce qui est réalisé. Le joueur ou l’équipe doit donc accorder une attention particulière à la prévision et au décompte. Le Handjass désigne une autre manière de pratiquer le jass, avec des conventions qui peuvent différer des parties par équipes.
Les variantes régionales ont leur légitimité. Une règle fréquente en Suisse alémanique peut être moins familière en Suisse romande, et une table familiale peut conserver une convention qui n’est pas celle d’un club. Les joueurs gagnent à préciser le contrat accepté, la manière d’annoncer et la méthode de calcul.
Une partie d’initiation peut suivre une procédure simple : annoncer le nom de la variante, rappeler le rôle de la forehand, préciser si le schieben est autorisé, puis expliquer le score. Cet accord évite de mélanger le contrat et les annonces du Schieber avec ceux du Coiffeur, du Differenzler ou du Handjass.
Le vocabulaire commun ne supprime donc pas les différences. Il sert de point de départ, tandis que la variante et la région déterminent les détails appliqués à la table.
Quelles cartes utilise-t-on pour chibrer ?
Le jass utilise un paquet de 36 cartes. La Suisse connaît deux jeux de cartes pour chibrer : le jeu suisse allemand et le jeu français. Les deux jeux correspondent exactement par leurs couleurs et leur position. Le dessin change, mais le choix du paquet ne change pas le score.
Le jeu suisse allemand comprend les Schellen, les Schilten, les Rosen et les Eicheln. Les Schellen correspondent aux carreaux, les Schilten aux piques, les Rosen aux cœurs et les Eicheln aux trèfles. Une table qui passe des cartes suisses aux cartes françaises conserve donc la même structure de couleurs.
Les figures portent des noms différents. Le jeu suisse utilise l’Under, l’Ober et le König. Le jeu français utilise le valet, la dame et le roi. Dans la couleur d’atout, l’Under devient le buur. Le nell est le neuf d’atout, avec une place particulière dans l’ordre des cartes d’atout.
Le multiplicateur dépend de la position de la couleur, jamais de l’image imprimée. Un Ober suisse et une dame française occupent ainsi la position correspondante dans leurs jeux respectifs. Remplacer le paquet suisse par le paquet français ne crée pas un nouveau barème et ne modifie pas les points.
La ligne Brünig-Napf-Reuss sert à décrire la répartition géographique des cartes. Les cartes suisses allemandes se trouvent à l’est de cette ligne, tandis que les cartes françaises sont utilisées à l’ouest. Cette ligne décrit une pratique régionale, et non une frontière qui rendrait un paquet obligatoire dans chaque table.
Un exemple montre pourquoi les termes peuvent se mélanger. Une table romande peut utiliser des cartes françaises tout en parlant du buur, du nell et des stöck. Les joueurs conservent parfois le vocabulaire appris auprès de leur famille ou de leurs partenaires, même si les symboles du paquet changent.
Les cartes et les mots ne doivent donc pas être confondus. Les cartes françaises remplacent les symboles suisses, mais elles ne changent ni la position des couleurs ni le calcul. Le glossaire du jass donne les définitions utiles sans traduire artificiellement les termes suisses allemands.
Comment calculer les points d’un tour de jass ?
Un tour de jass contient 152 points de cartes. Le dernier pli ajoute 5 points, ce qui porte le total à 157 points pour un tour. Si une équipe remporte les neuf plis, elle reçoit encore 100 points et le tour atteint 257 points.
Le score dépend d’abord du contrat et de la hiérarchie des cartes. En atout, le buur est l’Under de la couleur d’atout et le nell est le neuf d’atout. En obenabe et en undenufe, la hiérarchie suit une autre logique. Les joueurs doivent donc connaître le contrat avant de comparer les cartes.
Les stöck forment une annonce séparée. Ils sont constitués du König et de l’Ober de la couleur d’atout dans une même main. Ils valent 20 points pour l’équipe qui les détient, indépendamment de la comparaison des Weis. Les stöck n’existent pas en obenabe ni en undenufe.
L’annonce doit intervenir au moment précis prévu par la règle. Vous annoncez les stöck en jouant la deuxième des deux cartes, et non la première. Si le joueur suivant a déjà couvert cette carte avant l’annonce, les 20 points sont perdus. Les partenaires ne peuvent pas se rappeler mutuellement de faire l’annonce.
Un exemple de séquence évite l’erreur la plus fréquente. Un joueur détient le König et l’Ober d’atout. Il joue d’abord le König sans annoncer les stöck. Plus tard, lorsqu’il joue l’Ober, il doit annoncer les stöck au moment de jouer cette deuxième carte. Si un joueur suivant couvre déjà l’Ober avant l’annonce, l’équipe ne reçoit pas les 20 points.
Les objectifs pratiqués sont 1000, 1500, 2500 et 3000 points. L’application propose 1000 et 2500. Lorsqu’un tour fait dépasser l’objectif, les points sont comptés dans cet ordre : Weis, puis stöck, puis plis. Une équipe qui franchit l’objectif dans un bloc antérieur gagne.
Le dernier pli et les neuf plis jouent donc un rôle distinct. Le dernier pli ajoute 5 points, tandis que la prise des neuf plis ajoute 100 points au total du tour. Pour vérifier la hiérarchie et les valeurs carte par carte, consultez la page sur les valeurs des cartes.
Que signifient les mots du vocabulaire du jass ?
Le vocabulaire du jass réunit des mots romands et des termes suisses allemands. En Suisse romande, on dit chibrer pour jouer au jass, annoncer pour déclarer un contrat ou une combinaison, et atout pour désigner la couleur dominante. Ces mots restent naturels avec des cartes françaises comme avec des cartes suisses allemandes.
Le buur est l’Under de la couleur d’atout. Le nell est le neuf d’atout. Les stöck sont le König et l’Ober de l’atout réunis dans une même main ; cette combinaison rapporte 20 points et ne s’applique pas en obenabe ni en undenufe. L’annonce se fait en jouant la deuxième carte concernée.
Obenabe et undenufe sont des noms de contrats conservés tels quels dans le vocabulaire du jass. Ils indiquent une manière particulière de comparer les cartes, différente du jeu à l’atout. La hiérarchie n’est donc pas indépendante du contrat : une carte doit toujours être évaluée dans le cadre annoncé.
Le mot schieben décrit le passage du choix à l’autre partenaire. La forehand peut schieben exactement une fois, puis le partenaire doit choisir et ne peut pas repousser la décision. Le terme désigne ainsi une action précise de l’annonce, et non une simple discussion entre partenaires.
La ligne Brünig-Napf-Reuss aide à situer la répartition des paquets. Les cartes suisses allemandes sont utilisées à l’est, les cartes françaises à l’ouest. Les mots, eux, peuvent voyager avec les familles, les clubs et les habitudes de table. Une table romande peut donc employer buur, nell ou stöck avec un paquet français.
Le vocabulaire s’apprend mieux avec une situation concrète. La forehand annonce un atout, un joueur joue son Under d’atout, et la table parle du buur. Lorsque le même joueur joue ensuite son König d’atout, puis son Ober d’atout dans une même main, il peut annoncer les stöck au moment de la deuxième carte. Chaque mot correspond alors à une action ou à une combinaison identifiable.
Le glossaire rassemble les définitions utiles pendant l’apprentissage. La page consacrée à la frontière du jass présente la répartition régionale des paquets et des usages. Ces repères décrivent les pratiques sans imposer une seule manière de parler à toutes les tables.
Questions
Combien de cartes reçoit chaque joueur au jass ?
Chaque joueur reçoit neuf cartes. La distribution se fait trois par trois, à partir d’un paquet de 36 cartes.
Qui choisit le contrat au début du tour ?
La forehand choisit le contrat et mène le premier pli. La forehand est le joueur placé à droite du donneur.
La forehand peut-elle transmettre le choix deux fois ?
Non. La forehand peut schieben exactement une fois vers son partenaire. Le partenaire doit alors choisir et ne peut pas renvoyer la décision.
Combien rapporte le dernier pli ?
Le dernier pli rapporte 5 points. Les cartes du paquet valent 152 points, ce qui donne 157 points avec le dernier pli.
Dans quels contrats les stöck ne comptent-ils pas ?
Les stöck ne comptent pas en obenabe ni en undenufe. Ils concernent le König et l’Ober de la couleur d’atout réunis dans une même main.